• Dimanche 17 decembre 2006

    LE BILLET DE LA SEMAINE                                       (17/12)

    N°29


    Les phrases de la semaine

    " On voudrait nous tuer à petit feu, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.  "

    (La rédaction de TV5 peste contre l'omniprésence de France 24, 20 minutes, 13 decembre 2006)

     

    " Par rapport à la télé, rien ne remplacera l'expèrience d'une salle obscure. Comme je dis souvent : on a tous une cuisine chez nous, mais ça ne nous empêche pas d'aller au restaurant. "

    (Jerry Bruckheimer, La Provence, 12 decembre 2006)


    Dans l'actu 

    Revue de détail des principales annonces médias de la semaine.

     

     - Une petite lettre et puis s'en va. Alors que tout le monde appelait à une suspension d'antenne de Pascal Sevran pour ses propos racistes tenus dans France Soir, la direction de Francetelevisions s'est contentée d'adresser une lettre à l'animateur, rendue publique en début de semaine.  Avant de vous en livrer un extrait, précisons que Patrick de Carolis réflechit d'ores et déjà à l'introduction d'une clause imposant "le respect des valeurs et l'éthique de la télévision publique" dans les contrats des animateurs et autres producteurs de la chaîne. Une proposition qui devrait être étudiée le 19 décembre prochain.

    " Monsieur,

    Lors de notre entretien de samedi dernier, tenu à la demande du Président de France Télévisions, je vous ai fait part de notre très vive émotion et de notre totale désapprobation devant vos propos. (...)

    Des mots très graves ont été prononcés. Ils sont contraires à l’esprit du service public. J’ai eu l’occasion de vous le redire.

    Depuis, vous avez, dans les colonnes du Parisien, présenté vos excuses et exprimé vos regrets,

    en retirant les termes choquants employés dans votre interview.


    Nous en prenons acte.

    Dans la mesure où ces propos n’ont pas été tenus à l’antenne, il n’est pas de notre responsabilité de diffuseur de les sanctionner directement. La justice ayant été saisie, elle y donnera les suites appropriées.

    Néanmoins, j’attire tout particulièrement votre attention sur la responsabilité qui est la vôtre en qualité de producteur et d’animateur travaillant pour France 2. Il n’est pas pensable que des propos de nature à heurter la sensibilité des téléspectateurs, en contradiction flagrante avec les valeurs du service public, soient véhiculés dans quelque support que ce soit.

    Je vous adresse donc une très ferme mise en garde, qui a valeur de sévère avertissement. Je vous invite solennellement pour l’avenir à vous abstenir de toute prise de position contraire à l’éthique du service public, faute de quoi nous nous verrions dans l’obligation de remettre en cause le principe de votre collaboration sur France 2."


     

     - Marie Drucker lève le pied *

    Suite à la révélation de sa relation avec le ministre de l'outre-mer François Baroin, la journaliste a décidé de devancer la polémique et d'annoncer son retrait du Soir 3 durant la periode éléctorale. Son (ou sa ?) remplaçant(e) du 23 fevrier au 6 mai 2007 n'est pas encore connu.

    Extrait du communiqué de Marie Drucker :

    " Depuis que j’exerce le métier de journaliste, j’ai toujours veillé à préserver strictement ma vie privée, en revendiquant comme tout citoyen le droit au respect, et en poursuivant systématiquement les journaux qui ne respecteraient pas ce choix. Un journal a pris délibérément le parti aujourd’hui d’exposer ma vie privée au mépris de cette règle. Je poursuivrai ce journal en justice et j’entends demander réparation.

    (...) J’exerce mon métier de journaliste en toute indépendance. (...) Je partage la vie d’un homme public. Je tiens par dessus tout, comme je l’ai toujours fait, à bien séparer ma vie professionnelle de ma vie personnelle. Je tiens aussi à ma liberté et j’entends que celle-ci soit respectée. Dans la perspective de la campagne électorale présidentielle, j’ai moi-même demandé à me mettre temporairement en congé de la présentation de "Soir 3" le moment venu, tout en continuant à travailler sur d’autres projets à l’antenne. Cette mise au point étant faite, je n’entends plus m’exprimer sur ce sujet."

    (* Crédit photo : Bon week, publiée sur Planete télé)

     

     

    - Disparitions en série...

    Trois suppressions annoncées cette semaine. Celle tout d'abord de Commander in Chief, qui ne marche vraiment pas sur M6. La série qui avait aussi fait un flop en Amérique, verra sa diffusion s'arrêter le 23 décembre prochain. Les quelques épisodes restants trouveront refuge sur TEVA, tous les mardis à 20H30.

     Marc Bessou, ensuite. L'animateur de La Carte aux Trésors n'a visiblement pas convaincu France 3, qui ne souhaite pas le voir rempiler pour une troisième saison. Le casting est donc ouvert.

     

     Enfin, le duo infernal. En quête de vérité et Y'a que la vérité qui compte, chefs d'oeuvres signés Bataille et Fontaine, passent à la trappe à l'occasion de la nouvelle année. Les deux programmes avaient en effet de plus en plus de mal ) atteindre le seuil fatidique des 30% de part de marché. TF1 ne compte pas néanmoins se séparer du couple. Ils devraient tenter leur chance sur de nouveaux projets dans le courant de l'année.

    Désormais, le lundi sera occupé en alternance par Langue de VIP (en cas de bonne audience pour sa première), Confessions Intimes, Le Grand Frère, et une série américaine (la troisième saison du très dispensable Grey's anatomy ?)

     

     

    - Les blagues belges ne font plus rire. Gros canular organisé mercredi soir par la RTBF, chaîne publique, qui a fait croire à tout un pays que la Flandre avait décidé de proclamer son indépendance. Résultat, un véritable tollé dans l'opinion publique, et des politiques indignés. Un sondage réalisé par la chaîne après coup révèle que 89% des telespectateurs y ont cru, 5% pas du tout, et 6% y ont cru jusqu'au bout. Tous les détails sur cette affaire dans LU DANS LA PRESSE, ci-dessous.


     

     L'image de la semaine

    Plus que quelques mois avant la campagne présidentielle ! Il est donc logique que les affiches de campagne commencent à affluer. Celles de Jean-Marie Le Pen et de Segolene Royal ont beaucoup fait parler, notamment parce qu'elles sont ratées. C'est en tout cas l'analyse de Christophe Lambert, publiciste.

    Il a estimé que Le Pen y véhiculait un message négatif, tout le contraire de ce que doit être une bonne affiche. Quant à celle de Royal, il la juge depassée, digne des années 80, et assortie d'une faute de français. Avez-vous déjà entendu l'expression "Pour que ça change fort ?". Moi non plus.

    Mais que l'on se rassure, les affiches du Parti Socialiste, tirées à 300 000 exemplaires ne sont qu'une première ébauche.

     


    Le tour du PAF en audiences

    (sources : Satellifax, I mediasbiz, MSN, Le zapping du PAF)

    DIMANCHE 10,

     Ripostes -> 2 242 000 (14,1%)

     

    En prime time,

     Les Experts-> 8 164 760 (29,1%)

     FBI-> 5 549 940 (19,6%)

     L'oncle de Russie-> 4 989 340 (18,3%)

     Capital-> 4 596 920 (17,7%)

     

    En seconde partie de soirée,

     Secrets d'actualité-> 2,3 millions (20,5%)


    * LUNDI 11,

     Le Grand Journal> 1,9 millions (7,2%) record !

     

    En prime time,

     Soeur Thérèse.com> 9 137 780 (35,9%)

     Plus près des étoiles->3 868 140 (14,7%)

     Sartre-> 3 139 360 (12,1%) flop

     Entretien avec un vampire-> 2 578 760 (10,8%)

     

    En seconde partie de soirée,

     En quête de verité-> 2 522 700 (28,7%) ça sent la fin...

     Complément d'enquête-> 2 466 640 (21,8%)


    * MARDI 12,

     

    En prime time,

     Love Actually-> 7 455 980 (33%) 

     The Closer-> 5 381 760 (20,3%)

      Vous êtes ce que vous mangez->  4 372 680 (16,6%)

     Super Nanny->  3,9 millions (17,9%)    

     Sartre->2 803 000 (10,9%)

                                 

    En seconde partie de soirée,

     Le Droit de Savoir-> 2 746 940 (33,7%)

     Gloria->2 186 340 (18,1%)

     T'empêches tout le monde de dormir-> 1 200 000 (18,8%)


    * MERCREDI 13,

     

    En prime time,

     Les 30 impostures les plus incroyables-> 6 839 320 (32,5%)

     David Nolande-> 5 718 120 (22,3%)

     Vie Privée Vie Publique-> 3 868 140 (16,3%)

     Merci les enfants vont bien-> 3 195 420 (13,3%)

     

    En seconde partie de soirée,

     Preuves à l'appui-> 2 578 760 (35,7%)

     L'Arêne de France-> 1 700 000 (21%)


    * JEUDI 14,

    En prime time,

     Commissaire Cordier-> 7 868 400 (32,2%)

     Envoyé Special-> 4 260 560 (18,6%)

     Piège en haute mer-> 3 980 260 (16,2%)

     Classé Confidentiel-> 3 924 200 (17,1%)

     

    En seconde partie de soirée,

    La méthode Cauet-> 2 859 060 (35,9%)

     Tsunami vague mortelle-> 1 513 620 (19,4%)


    * VENDREDI 15,

    En prime time,

     Star Academy-> 7 399 920 (34,2%)

     NCIS-> 6 615 080 (25,4%)

     Maigret-> 4 428 740 (17,9%)

     Thalassa  -> 3 980 260 (16,4%)


     

    * SAMEDI 16,

    En prime time,

     Les années bohneur-> 6 222 660 (30,1%)

     Le Top 50 du Rire-> 6 054 480 (29,7%)

     Tombé du ciel-> 2 859 060 (13%)

     Commander in Chief -> 2 298 460 (10,4%)

     

    En deuxième partie de soirée,

     On n'est pas couché-> 1,8 millions (31,4%)


       La série

     

                                                        (n°4)

    Les Dessous de la presse people

    Le jour où Magloire s'est fait rappeler à l'ordre

    Tout avait pourtant bien commencé. Dès janvier 2006, l'animateur rondouillard des "Morning Live" de M6 prépare avec une excitation évidente le lancement de Public TV. Mine de rien, c'est une première mondiale. [...] L'idée qu'il s'investit pour un projet qui n'est pas celui de son principal employeur, M6, mais celui d'Hachette et de Yahoo!, ne le gêne pas.

    [...] Lundi 20 mars 2006. La petite télévision a pris l'antenne sur le Web à l'aurore. Dans les couloirs d'Hachette et chez Yahoo!, on se congratule. Pas le moindre bug à l'horizon.

    C'est à 13H30 pile que le téléphone sonne dans le bureau de Nicolas Pigasse. C'est Magloire. "Je ne peux pas venir aujourd'hui enregistrer comme prévu la nouvelle émission. M6 dit que j'ai un contrat d'exclusivité avec eux." C'est la douche froide. Marion, la co-animatrice de l'émission, va devoir travailler seule. Officiellement, sur le site de Public TV, Magloire sera déclaré souffrant. Les lectrices de Public ne doivent rien savoir du drame qui se joue en coulisses.

    En fait, le groupe M6, dont Nicolas de Tavernost est le grand patron, vient de découvrir le matin même dans les pages économie du Figaro que Magloire, l'un de ses animateurs vedettes, avait dans son dos signé un contrat pour être la "vitrine" de Public TV. Et cela ne lui plaît pas du tout. La chaîne sur le web peut être un concurrent éventuel. Cela n'améliore pas les rapports entre Hachette et M6 qui sont plutôt tendus depuis que Télé 7 jours a révélé en couverture la liste des quatorze finalistes de Nouvelle Star, l'émission phare de M6.


    Lu dans la presse

     

    «La Flandre a proclamé son indépendance !», «le roi a quitté le pays !», «la Belgique n'existe plus !» Les téléspectateurs de la RTBF ont vécu, en direct, un moment historique… ou presque, puisque l’édition spéciale à laquelle ils ont assisté hier soir, n’était autre qu’une politique fiction. Alors qu’ils s’apprêtaient à regarder deux reportages de «Questions à la une», un flash spécial apparaît à l’écran : le Parlement flamand vient de voter la sécession de la Flandre du Royaume de Belgique. Une

    soirée haute en couleurs : «Une heure et demie durant, se succèdent, autour du présentateur du JT et d'Alain Gerlache, directeur de la télévision, des journalistes qui interviennent en direct, qui du Parlement flamand, qui du Palais royal déserté par Albert II, en fuite à l'étranger (la rumeur prétend qu'il a pris la direction de Kinshasa), qui du Parlement wallon, qui de l'Atomium où se sont réfugiés les ministres du gouvernement bruxellois».

    Tellement vraisemblable que les téléspectateurs ont marché. (...) «Quand on leur a expliqué que c'est une fiction, certains ont pensé que c'était un scandale, d'autres étaient tristes ou contents que ce soit faux», a indiqué le porte-parole de la chaîne. Le premier ministre, Guy Verhofstadt, a qualifié le concept «d’irresponsable et de mauvais goût». (...) Une

    enquête sera ouverte sur «ce procédé douteux», selon la ministre qui «se pose des questions déontologiques concernant les journalistes qui ont participé à cela».

     

    ("La (fausse) secession de la Flandre panique toute la Belgique", Le Figaro, jeudi 14 decembre)

     

     

    Un JT spécial, François De Brigode aux commandes... En-dessous, le bandeau émission spéciale. Le téléspectateur est interpellé. (...) Pourtant, tout ceci n'est qu'un canular. Un canular magnifiquement monté - il faut bien l'admettre puisqu'on y a tous, ou à peu près, cru - mais qui est loin d'être du goût de tous les téléspectateurs. La RTBF, contactée par nos soins, nous a expliqué que si les réactions ont mis un peu de temps avant de parvenir jusqu'à leur standard téléphonique, en quelques minutes, ce fut le déluge (2.600 appels étaient enregistrés à 22 h )! Si bien qu'au bout de 30 minutes d'émission, la chaîne de télévision s'est sentie obligée de faire défiler un bandeau signalant qu'il s'agissait bien là d'une fiction.

    (...) La délivrance est arrivée, pour ceux qui en doutaient encore, vers 22 h 05, quand François De Brigode a clairement dit qu'il s'agissait d'une fiction et que la question méritait d'être posée. Oui, elle le méritait. La RTBF avait-elle prévu un tel chambardement chez ses téléspectateurs? Orson Welles avait déjà fait le coup, en 1938, dans une émission radio durant laquelle il avait fait croire aux Américains que les martiens débarquaient chez eux. N'est pas Orson Welles qui veut...

    ("La Belgique existe toujours !", La Dernière Heure, mercredi 13 decembre)

     

     

    Les téléspectateurs branchés sur la RTBF pensaient vivre une soirée tranquille, mercredi. Avec un menu somme toute classique : "Questions à la une", suivi d'un prolongement de l'émission à succès "Moi, Belgique".

    Sur le coup de 20h20, on a bien eu droit au générique de "Questions à la une"... A 20h21, l'image se brouille. On se retrouve brutalement projeté dans le studio du Journal télévisé pour une "émission spéciale". (...) En prélude, une brève mention barre l'écran : "Ceci n'est peut-être pas une fiction". Dans un coin du même écran, les plus attentifs auront peut-être déjà flairé la supercherie en repérant le logo du magazine "Tout ça (ne nous rendra pas le Congo)".

    (...) Tout a été rondement mené. Et pour cause : l'opération, tenue secrète jusqu'à 20h21, était en préparation depuis plusieurs mois au sein de la RTBF. Sa réalisation est l'oeuvre de Philippe Dutilleul, habitué de reportages dans les magazines "Strip-Tease" et "Tout ça".

    ("La RTBF lâche une bombe", La Libre Belgique, jeudi 14 decembre)

     

     

     

    Les Belges, également, ne parlent que de ça. Le site de la

    RTBF a été pris d’assaut, et est saturé depuis le début de la journée. Sur le blog de l’émission, près 900 commentaires avaient été postés vers midi. De «mes parents ont reçu un choc émotionnel et vu l’état de mon papa, s’il lui arrive un drame, la RTBF en répondra» à «je trouve votre fausse émission décevante, stupide et inutile», la tonalité générale est très critique.

    ("La Belgique ne parle que de ça", Le Figaro, jeudi 14 decembre)

     

     

    Cliquer pour agrandir

    Une grande partie du public n'avait visiblement pas lu la mention "ceci n' est peut-être pas une fiction" apparue un très bref instant avant le lancement de l'émission. Toutes les rédactions ont été immédiatement assaillies d'innombrables messages, des coups de téléphone ont été échangés partout et des réactions de colère, d'incompréhension ou de tristesse ont été enregistrées en divers endroits. Divers témoignages évoquent des personnes âgées qui ont fondu en larmes ou des enfants inquiets interpellant leurs parents.

    L'information a semblé d'autant plus crédible à beaucoup qu'elle était appuyée par les commentaires de diverses personnalités politiques mises dans la confidence et qui avaient accepté d'enregistrer de fausses réactions.

    (...) Apparemment exigée par les autorités de tutelle de la RTBF, la mention "ceci est une fiction" est apparue sur les écrans au bout d'une demi-heure. Les journalistes ont toutefois poursuivi l'émission jusqu'à son terme et expliqué, tout à la fin, qu'ils avaient voulu "prendre des risques" pour évoquer les conséquences concrètes de l'éclatement du pays, souvent évoqué en Flandre. Jean-Paul Philippot, l'administrateur-général de la RTBF, soulignait qu'un intense débat interne avait eu lieu pendant deux ans avant que soit prise la décision de diffuser une telle émission.

    (...) François Henderickx, sociologue des médias, estime que si un débat a effectivement été lancé, il porte sur les méthodes de la RTBF et pas sur le séparatisme.

    ("La télé belge tétanise le pays en annonçant la fin du royaume", Le Monde, jeudi 14 decembre)

     

     

    La fiction diffusée mercredi soir par la RTBF (...) continue à susciter la polémique. Le président du MR, Didier Reynders, ne se satisfait pas de la position prise par le Conseil d'administration de la RTBF.

    Bref, à quoi rime ce show, nous dit-il. Le PS devait être au courant des dessous de l'émission. Une émission dont les vertus citoyennes sont loin de le convaincre, comme d'ailleurs les administrateurs MR de la RTBF. Elle aura plus alimenté la caricature et les extrémismes, estiment-ils, en jouant essentiellement sur le registre de l'émotion.

    (Site de la RTBF, samedi 16 decembre)

     

     

    Le "docu-fiction" de la télévision belge qui a mis en émoi tout le pays, mercredi 13 décembre, a eu des conséquences paradoxales. (...) L'émission a renforcé ceux qu'elle était censée dénoncer. Seules les personnalités politiques flamandes ont en effet applaudi le travail de la RTBF. (...) D'autre part, contrairement à l'objectif recherché par les responsables de la télévision, le débat se concentre aujourd'hui sur les méthodes et les limites du travail journalistique et non sur l'avenir du pays.

    En tout cas, le "docu-fiction" a souligné une évidence : la fragilité de la Belgique. (...) La difficulté tient au fait que les divisions géographiques, linguistiques et politiques ne coïncident pas. (...) Deux institutions concourent cependant à l'unité du pays : la royauté - et c'est pourquoi les téléspectateurs ont été particulièrement émus par "l'information" selon laquelle Albert II partait se réfugier à Kinshasa - et l'Union européenne.

    ("Fragile Belgique", Le Monde, vendredi 16 decembre)

     

     

     

    Le Web3, conférence parisienne sur l’avenir de l’Internet mondial organisé par Loïc Le Meur, entrepreneur web et « star » des blogs français, a tourné en grande messe de récupération politique. C'est en tout cas ce que pensent grand nombre des participants, au vu des réactions sur les blogs mercredi.

    Au cœur de ce meeting déjà rebaptisé

    « Le Politics 3 », l’apparition à la dernière minute de Nicolas Sarkozy dans un événement à caractère international, a mis le feu aux poudres de la blogosphère.

    (...) Les commentaires sont acérés, on parle de « propagande », de «douche froide» et « d’abus de popularité » sur

    scoopéo, ou de « défilé de politiciens » sur dynamiteweb2.0. Loïc Le Meur, qui prônait depuis longtemps l’indépendance des blogs et la force d’expression libre qu’ils représentent, a clairement un peu mélangé les genres. Surtout depuis qu'il a ouvertement apporté son soutien à Nicolas Sarkozy.

    (...) Le Web3 à la mode Sarkozy a peut-être été une erreur tactique pour Loïc Le Meur, quoique…Le moteur de recherche de blogs

    Technorati enregistre depuis mercredi matin une forte explosion du nombre de mentions de Sarkozy ou Le Meur dans la blogoshère internationale.

     

    (" La révolte des blogueurs contre une "récupération politique" ", Libération, mercredi 13 decembre)

     

     

     

    Depuis leur lancement en 2005, les chaînes de la TNT grignotent l'audience des historiques et les ventes de décodeurs ont dépassé toutes les prévisions, à plus de 4 millions d'exemplaires écoulés. (...) C'est la tactique habituelle de TF1 : quand les événements nous échappent, feignons d'en être les organisateurs. En s'emparant, pour la coquette somme de 230 millions d'euros, d'un tiers d'AB, la Une fait une affaire dans le groupe de Claude Berda, il y a le plus gros catalogue de droits de programmes télé (1 300 titres, soit 37 000 heures allant de Julie Lescaut à Friends en passant par Derrick ) (...).

    Surtout, il y a des chaînes de la TNT, à commencer par TMC (dont TF1 détenait déjà 40 %). Gratuite sur la TNT, l'ex-Télé Monte-Carlo est l'une des chaînes préférées des foyers équipés de décodeur. Et TF1 entre également dans deux autres chaînes TNT d'AB, NT1, gratuite, et AB1, payante. Belle acquisition pour un Patrick Le Lay qui a carrément loupé son entrée dans la TNT, après l'avoir combattue bec et ongles pendant des années.

    (...) En s'alliant à AB, TF1 récupère d'une main ce qu'elle perd de l'autre. (...) Car la contre-offensive des historiques, c'est aussi et surtout une affaire de programmes. Voilà la mission de Godfroid (future directrice des programmes, NDLR): «M6 doit se renforcer sur la journée, souligne Valentin, et plus particulièrement sur l'avant-soirée». Et justement, c'est en journée que les chaînes de la TNT font particulièrement souffrir M6. Alors qu'elle atteint 12,5 % de l'ensemble de la population, la Six ne touche que 10,6 % des équipés TNT.

    (...)

    «Pour lutter contre les chaînes de la TNT, résume un spécialiste des médias, les grandes chaînes doivent se différencier.» Mais pas n'importe comment : depuis la rentrée, TF1 s'est mise sous perfusion d' Experts chaque dimanche à 20 h 50. «Une erreur , poursuit-il, les séries américaines ne marquent pas assez la différence avec les chaînes de la TNT, qui en diffusent aussi, même si elles sont moins récentes.» Pour Emmanuel Charonnat, de l'agence médias Starcom, «la force des chaînes historiques, c'est d'avoir réussi à instaurer des rendez-vous ce que celles de la TNT n'arrivent pas encore à faire».

    ("TNT, la contre-offensive de TF1 et M6", Libération, mercredi 13 decembre)

     

     

    Moins soucieuses de leur image, les petites chaînes ont peu de scrupules à se risquer dans les trash... et d'ailleurs, ne se gênent pas. Ainsi, dans Relooking Extreme, on refait entièrement l'apparence d'un quidam. Si une grande chaîne avait osé une adaptation française, le tollé aurait été garanti, sans oublier la réaction outrée de l'ordre des médecins. (...) Les participants passent carrément sur le billard pour se faire refaire dents, seins, fesses, ventre, paupières, et souvent tout à la fois. Bien entendu, les commentaires sont tout en délicatesse : "Kelly était un champ de bataille, maintenant c'est un canon."

    (...) Dans ce magma de formats US, la seule exception française, malgré son nom, s'appelle Total in Love (NRJ 12). Deux célibataires qui ne se connaissent pas essayent de sortir ensemble le temps d'un week-end. La chaîne paye le pric fort pour appâter le public. "Dix émissions par saison reviennent à 200 000 €, un énorme budget pour une chaîne de la TNT, explique Gerard Brice-Viret, directeur delegué de NRJ 12. Par comparaison, acheter un format américain ne coûte que 2000 € par épisode, et à peu près autant pour la traduction."

    Une télé-réalité bleu-blanc-rouge coûte donc cinq fois plus qu'un format américain.

    ("Petites chaînes, l'eldorado du trash",Télé 2 semaines, lundis 4 et 11 decembre)

     


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