• Tout le monde connaît la célèbre rengaine : "Qui a peur du grand méchant loup ? C'est pas nous, c'est pas nous...".

    Eh bien cette semaine, celle-ci a en quelque sorte été remise au goût du jour, en y répondant par l'affirmative, du moins en ce qui concerne les médias et les fameux "éclopés" de la tv-réalité.

    Pour les premiers, l'épouvantail a refait son apparition en la personne du très controversé Frtitz Bolkenstein, auteur de la directive du même nom. Elle était de nouveau examinée ces jours-ci par le Parlement européen. Et nos amis journalistes ont visiblement tout oublié. Rappelez-vous, Frtiz avait tout spécialement fait le déplacement en France quelques semaines avant le référendum sur la Constitution européenne. Il avait alors expliqué devant un parterre de journalistes tantôt amusés, tantôt sceptiques, le bien-fondé de sa directive. Surtout, il en avait profité au passage pour préciser que son nom ne se prononçait pas "Bolkechtagneu", avec un accent nordique (ce qui résonnait tout de suite comme quelque chose de froid et de désagréable, à l'image de sa directive), mais "Bolkestine". Qui mieux que lui pour savoir comment prononcer son nom ?

    Dans les jours qui suivirent, les médias ont fait mine de retenir la leçon, avant que la directive ne retombe monentanément dans l'oubli. Et voilà que depuis ce début de semaine, Fritz Bolkenstein est de nouveau sous les feux de l'actualité. Et voilà que les médias se remettent à prononcer des "Bolkeschtayneu" à l'envie. C'est à désesperer.

    Le grand méchant loup, pour les éclopés de la télé-réalité, n'est autre qu'Endemol. Plusieurs d'entre eux, épaulés par maître Collard (qui n'en est plus à une affaire ridicule près), ont intenté une action en justice à l'encontre de la société de John de Mol. Quels sont les griefs ? La plupart portent sur les conditions de tournage, voire même, sur les techniques appliquées. Par exemple, pour prendre le cas le plus significatif, une participante à Super Nanny se plaint de ce que Cathy (la nounou de choc du programme) ait maltraité "physiquement et moralement" ses deux filles. En effet, l'une a été "tirée" de force en direction de l'école par Cathy, et l'autre a été traumatisé par la remarque de cette dernière sur le fait que sa mère s'occupe moins d'elle. Atterrant.

    Ces plaintes cachent difficilement l'envie de gagner de l'argent facile. Cela illustre de plus un mal qui ronge notre société actuelle : la judiciarisation ambiante. Nonobstant cela, Gilbert Collard réclame que ces familles puissent voir l'émission avant sa diffusion, ainsi que le droit de garder les rushes. Sans oublier l'engagement à dedommager les participants désabusés. Pourquoi ne pas, à ce compte-là, confier la production et la réalisation des émissions incriminées aux familles ? Maître Collard semble oublier que des contrats sont signés, exposant les obligations inhérentes au programme, ce qui signifie que ces personnes participent au programme en connaissance de cause.

    On en arrive donc à la conclusion suivante : lorsque les médias auront la mémoire moins courte (on pourrait ajouter à leur décharge que l'affaire du bagagiste de Roissy, injustement accusé de terrorisme, ne les a pas empêché de reitérer avec les inoccentés d'Outreau) et que les familles renonceront à considérer la télé-réalité comme une vache à lait, un grand pas aura déjà été fait.


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  • David contre Goliath

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    La justice avait le vent en poupe en ce début de semaine. Dès lundi soir, Christophe Hondelatte nous proposait une nouvelle émission, Au-delà du crime, qui revenait sur l'affaire des disparus de Mourmelon. Un docu-fiction suivi d'un débat soulignant les faiblesses du système judiciaire.

    Mais le point d'orgue eut lieu mercredi après-midi, sous les yeux avides de plus de cinq millions de téléspectateurs (le double de l'audience habituelle), avec la retransmission en direct de l'audition du juge Burgaud. Dès le début, ce fut un choc pour tout le monde. Cet homme, Fabrice, qu'on décrivait comme froid et cinglant nous est apparu sans fards, tel un simple être humain. Pas un agneau, certes, mais un homme dépassé par les éléments. Se voir confier un tel dossier avec si peu d'expèrience relève de l'absurderie. Et être auditionné devant une assemblée pleine à craquer, n'est pas une mince affaire non plus. Pour autant, cela n'excuse pas tout. Un simple pardon de sa part aurait déjà constitué une grande avancée.

    Quant au rôle joué par les chaînes, on avait vraiment l'impression de vautours scrutant leur proie. L'audition ne les interressait guère. La preuve, elles se sont contenté d'en diffuser la moitié, et ne relaieront pas les auditions suivantes, qui se poursuivront pendant plusieurs semaines.

    Outreau: Le juge Burgaud était un peu trop jeune pour l'affaire

    Non, leur réel intérêt se portait sur les victimes. Dans tous les journaux télévisés, on a ainsi pu voir les réactions de ces dernières. Sur TF1, c'était Karine Duchossoy. Normal me direz-vous, depuis son acquittement cette dernière travaille pour la chaîne, en tant qu'assistante. Sur France 2, Roselyne Godard, qui n'avait pas souhaité assisté à tout ce cirque médiatique a été invitée à réagir. David Pujadas a pris un malin plaisir à lui repasser le "best-of" de l'audition, en ne manquant pas au passage de filmer les réactions de celle que l'on surnomma à tort la "boulangère d'Outreau". Cela n'est jamais fait habituellement. Mais pas de chance pour la chaîne, Roselyne est restée impassible. Preuve que la dramaturgie à tout prix ne se révèle pas toujours efficace. Tant mieux.

     

    C.


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