• Les raisons d'un succès

    LES RAISONS D'UN SUCCES

    France 3 vient de signer. Un beau contrat de trois années supplémentaires qui attache jusqu'en 2010 Plus Belle la Vie aux studios de la Belle-de-Mai. La série à - grand - succès de la chaîne publique verra donc des saisons 4,5 et 6, soit 780 épisodes de plus.

    (...) " Nous n'avions aucune intention de quitter Marseille, lance Nicole Patin, ex-productrice executive de la série pour France 3, devenue depuis directrice de la fiction de la chaîne... Bien sûr, cela pouvait se concevoir. Plus Belle la Vie peut être produite sur un autre site de studios, Paris ou Nice... Mais compte tenu de ce que nous avons construit ici, de l'accueil que nous avons reçus, nous sommes ravis de poursuivre ici. "

    (...) " Nous sommes très régulièrement au-dessus des prime time de M6, de France 3 et même de France 2 " se réjouit Hubert Besson, créateur de l'idée originale et producteur de la série chez Telfrance. "Jusqu'où irons-nous ? On peut gagner encore un peu... Nous avons un profil d'audience très atypique, où toutes les tranches d'âges sont représentées. Dans les prochaines saisons, nous allons essayer d'en faire progresser certaines, notamment les intermédiaires : les plus de 24 et les moins de 50..."

    (...) Mais le succès de PBLV ne se mesure pas qu'au point d'audience. Telfrance, qui gère les produits dérivés, s'en frotte d'ailleurs les mains : un magazine diffusé à 80 000 exemplaires, (...) des DVD qui se vendent comme des petits pains. Le jackpot ? Hubert Besson calme le jeu : "On réinvestit tout dans la série. Cela nous permet, entre autres, d'assumer les augmentations de cachets des comédiens..."

    (...) Sociologue des médias, Eric Macé, lui, n'est pas étonné de la réussite. "Il se passe des choses dans Plus Belle la Vie, notamment autour des préférences sexuelles, qui auraient fait évènement dans n'importe quelle autre série hebdomadaire. Personne n'en parle plus que ça..."

    (...) "On n'est pas au pays de Oui-Oui, poursuit Nicole Patin. C'est pas tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil. On peut montrer un gamin qui fume un joint sans en faire l'apologie. Les gens apprécient ça."

    Et Marseille dans tout ça ? (...) "Moi, je ne reconnais pas Marseille, coupe Sofiane Belmouden, alias Malik, né aux Chartreux. D'ailleurs, si on ne verbalise pas, personne ne peut dire que cela se passe dans cette ville. On n'a pas montré les travaux, pas la saleté... C'est plutôt Lyon-sur-Mer !"

    (...) La Ville et son premier élu, eux, n'y trouvent rien à redire. (...) Et même si Jean-Claude Gaudin n'apparaîtra finalement pas dans un épisode (incompatibilité d'agendas selon Telfrance), la ville a voté une subvention de 150 000 euros au producteur. (...) "Ce n'est que retour normal des choses, estime Hubert Besson. Chaque année, nous dépensons 17 millions d'euros sur Marseille. N'importe quelle autre entreprise aurait été soutenue." Plus cynique, Nicole Patin fait une simple comparaison : "Imaginez la somme que Marseille aurait dû dépenser pour une telle publicité chaque soir sur France 3 !"

     

     

    LA LOCOMOTIVE DES STUDIOS DE MARSEILLE

    Malgré l'enthousiasme affiché des débuts, l'aventure des studios et du pôle média de la Belle-de-Mai avait surtout, en 2003, des allures de plongée risquée dans l'inconnu... Trois ans plus tard, la réussite est là, elle s'appelle Plus Belle la Vie. Pourtant, ici aussi, le démarrage fut laborieux.

    (...) La chance pour Marseille, c'est que le commanditaire de la série s'appelle France 3. "TF1 n'aurait pas tenu le choc, analyse Jacques Hubinet, président des Films du Soleil, et actionnaire des studios, ils n'auraient pas perséveré les 8 ou 9 mois necessaires pour que ça décolle".

    La réussite de Plus Belle la Vie se mesure à présent à l'aune des chiffres, alignés par la production Telfrance. 23 millions d'euros de budget par an, soit plus de 17 millions en salaires, charges, location... 130 intermittents du spectacle de la région vivent à plein temps de cette manne. Ils représentent plus du tiers des 400 emplois du Pôle Média.

     

     

     

    LE SOUFFLE ROMANESQUE DU FEUILLETON, C'EST LUI !

    Olivier Szulzynger est un peu au feuilleton Plus Belle la Vie ce que Superman, en son temps, fut à la ville de New York : un super-héros. (...) Ce scénariste télé compte déjà quelques "titres de gloire" à son actif. Ses feuilletons de référence, des sagas de l'été, comme Tramontane, Mediterrannée ou Garonne. Des séries très au Sud, qu'il ponctue d'un "Je suis Catalan...".

    Autour du directeur de collection, et à son initiative, a été constitué "un vrai pool de scénaristes". Aujourd'hui, une vingtaine d'auteurs, divisés en deux équipes : l'une invente les histoires, l'autre, les dialogues. Comme les personnages qu'ils ont à faire vivre, ils sont des deux sexes et ont entre 28 et 60 ans.

    (...) Pour chaque épisode, l'équipe détermine trois histoires, dont une principale, des histoires sentimentales et des histoires de société. "On lit la presse, on s'inspire de l'air du temps, on est poreux à tout ce qui se passe", commente-t-il.

    (...) De gauche Plus Belle la Vie ? Olivier Szulzynger se défend de toute tentation d'utiliser la série pour "évangiliser". "J'ai mes propres convictions, dit-il, je les garde pour moi. Simplement, il ne s'agit pas de donner une morale, mais de donner à voir. Malik n'est pas l'arabe de service, Mirta n'a pas les mêmes opinions politiques que Blanche. Il y a des réacs et des progressistes... L'idée, c'est de susciter le dialogue autour de la table familiale."

     

    PBLV, la série qui fait les stars

    * Ninon la rebelle

    (...) Ninon reste la chouchoute du public. Même si les scénaristes ont décidé de l'envoyer faire un tour à Londres pour apprendre le journalisme. "Elle était devenue saoulante", balance une fan avertie. Pour info, Ninon reviendra bientôt, et selon la rumeur, son éternel ex petit copain, Rudy, va en prendre un coup.

    * Johanna, la lolita

    (...) Elle a d'abord songé à une carrière musicale, mais le succès de PBLV l'a poussée derrière les caméras. En 2007, on la retrouvera sur France 2 dans une adaptation de Pagnol, Le Temps des amours. Son rôle ? Isabelle, la peste qui fait manger des insectes au niais Marcel. Forcément.

    * Mélanie, la volcanique

    (...) Entre clips pour Bruel, téléfilms allemands et pubs pour Aubade, les plus accros relèvent deux passages oubliés sur le CV fourni par France 3 : élue miss lingerie FHM en 2003. Engagée par M6, ensuite, sous le nom de Camille, pour briser des couples dans une télé réalité torride, Opération Séduction...

     

     

    Ils regardent Plus Belle la Vie aux quatre coins de la France

     

    * Diane, Toulouse, institutrice retraitée

    "J'aime bien les feuilletons, et je ne les aime pas, dit-elle. J'ai toujours peur de ne pas voir la suite !" (...) Son seul regret : que l'intrigue devienne rocambolesque ("Ils ne savent plus quoi trouver") et que Marseille ne soit qu'un prétexte.

     

    * Juliette, Banlieue parisienne, commerçante

    Devant sa télé, Juliette est tellement fascinée par l'intrigue de PBLV, qu'elle crie parfois quand ça fait peur.

     

    * Marie-Claude, Rouen, professeur retraitée

    Elle dit qu'elle est "tombée dans la soupière" à cause d'une amie de passage qui lui réclamait son feuilleton à 20H20. (...) "Je le regarde toujours à deux niveaux, dit-elle, d'abord pour le goût que nous avons tous pour le mélodrame, puis parce que je m'interroge sur quels en sont les ressorts". (...) Quant à la vision de Marseille, pour elle qui connaît la ville, "c'est insupportable : on ne voit pas les galères de criculation, les travaux du tram, de la gare... C'est pas bien d'en faire un village où tout baigne !"

     

     

    [Dossier complet à découvrir dans Marseille l'Hebdo, semaine du 10 au 16 Janvier 2007, 1,20€]

     

     


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