• Samedi 2 decembre 2006

    LE BILLET DE LA SEMAINE                                       (02/12)

    N°27


    La phrase de la semaine

    " Je fume cinq pétards par jour, je n'ai pas d'ordinateur, pas de montre, mais un crucifix dans mon bureau !  "

    (Thierry Ardisson, Public)


    Dans l'actu 

    Revue de détail des principales annonces médias de la semaine.

     

     - La première Ceremonie des Gerard, qui récompense les "pires" produits de la télévision, s'est deroulée le 29 novembre dernier. Peu de surprises dans le palmarès puisque ce sont bien souvent les programmes ou les personnes les plus populaires qui atteignent la première marche du podium. Resultats complets ci-dessous, commentés par TV MANIA. A noter, en préambule, le délirant commentaire de la soirée, fait par le site internet de la ceremonie : " Le Jury de l’Académie des Gérard de la Télévision est composée d’une trentaine de journalistes sélectionnés par eux-mêmes. Ils sont invités à élire, dans chaque catégorie, le meilleur des plus mauvais nominés nommés. Afin de faire partie de l’Académie, il est indispensable d’avoir au moins entendu parler des programmes nommés, ou bien d’en avoir vu les bandes-annonces. Ou pas. Aucun Morandini n’a été blessé ou tué durant la préparation des Gérard. "

    Plus mauvais téléfilm ou série français

    : Le maître du zodiaque avec Francis Huster (TF1) [Bac +10 requis pour en comprendre l'intrigue.]

    Plus mauvaise nouvelle émission de la rentrée

    : L’arène de France avec Stéphane Bern (FR2) [Un Ciel mon mardi qui ne veut pas dire son nom, le direct et l'interêt en moins.]

    Pire bide ou accident industriel

    : Le dancing show avec Anthony Kavanagh (FR2) [et pourtant, le show reviendra l'été prochain.]

    Plus mauvaise émission dite humoristique

    : Samantha (FR2) [La seule emission a avoir eu les honneurs de deux prix !]

    Plus mauvaise série allemande :

    Rex, chien flic avec Reginald Von Ravenhorst, Heinz Weixelbraun, Wolf Bachofner (FR2) [Et Derrick alors ?]

    Plus mauvais présentateur blanc de J.T

    . : Jean-Pierre Pernaut (TF1) [Ses journaux n'ont de "journal" que le nom.]

    Pire animateur ou chroniqueur tête à claque

    : Florian Zeller dans Vol de nuit (TF1) [Le physique ne fait pas le talent.]

    Pire animatrice ou chroniqueuse tête à claque :

    Alexia Laroche-Joubert dans Star academy (TF1) [Son remplacement express de Nikos un dimanche d'octobre a été un desastre.]

    Pire animateur ou chroniqueur aux capacités intellectuelles contrariées :

    Steevie Boulay dans On a tout essayé (FR2) [Une vraie tête à claques à l'intelligence limitée.]

    Plus mauvaise prestation d’un membre de la famille Castaldi :

    Flavie Flament dans Vis ma vie (TF1) [Lui manque-t-elle l'etoffe d'une Laurence Ferrari ?]

    Pire invité de plateau "trublion" :

    Mathilde Seigner [Son franc-parler, voire sa grossiereté, peuvent être lassants à la longue]

    Plus mauvaise émission poussant au suicide

    : Le tour de France (FR2) [Ceux qui ont suivi un Tour dans son integralité ne sont plus là pour en témoigner...]

    Plus mauvaise émission poussant au meurtre

    : Samantha (FR2) [Les gags ne font pas toujours mouche, mais les telespectateurs sont au rendez-vous.]

    Pire emballement médiatique inconsidéré :

    La ségolènemania [Très juste. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un hebdomadaire ne la mette en une. Et ce, avant même sa designation pour la candidature officielle.]

    Plus mauvais membre d’une minorité visible :

    Guy Carlier dans On ne peut pas plaire à tout le monde (FR3)

    Plus mauvais Laurent :

    Laurent Weil dans Le grand journal (Canal+)

    Plus mauvais président de chaîne

    : Patrick de Carolis (France Télévisions) [Beaucoup d'ambitions mais peu de moyens ?]

    Plus mauvaise chaîne

    : Direct 8. [La chaîne du direct multiplie paradoxalement les rediffusions.]

     

    Prochain rendez-vous avec les Gerard du cinéma en mars 2007.

     

     - ARTE fourmille de projets pour 2007. Un programme très eclectique à l'intèrieur duquel on trouvera plus de 130 films en prime-time, soit deux fois plus que pour les chaînes hertziennes ainsi que des téléfilms en phase avec l'actualité (comme L'Embrasement, de Philippe Triboit, inspiré des émeutes de Clichy-sous-Bois (diffusion prévue le 12 janvier) et Poison d'avril, de William Karel, qui reviendra sur la campagne présidentielle de 2002 (le 19 janvier)). La chaîne franco-allemande entend également rajeunir son audience avec la venue prochaine de Manu Katché, juré de la Nouvelle Star. Ce dernier animera dès le mois de mars un magazine musical One shot not. Et puisque les séries ont le vent en poupe, qu'à cela ne tienne, ARTE diffusera tous les lundis à partir du 8 janvier ReGenesis, un thriller biotechnologique.

     

     - Laurent Gerra sur RTL. La nouvelle était connue depuis quelques semaines, mais pas la date. Ce sera donc à partir du 16 janvier, dans Le grand Juron. L'humoriste ayant refusé de se retrouver en concurence directe avec Nicolas Canteloup, le programme sera diffusé tous les soirs, à 18H30, avec une rediffusion prévue à 9H30.

     

     - Estelle Denis a le vent en poupe sur M6. Après l'animation de rendez-vous politiques sur la chaîne en 2007, elle devrait également assurer l'animation d'un jeu fortement inspiré de La tête et les jambes. Diffusion prévue sur W9 (chaîne du groupe), en duo avec Thierry Roland.

     

     - Le Telethon en difficulté ? Alors que le marathon televisuel doit demarrer le week-end prochain, la polémique enfle, après que le dicocèse de Toulon ait appelé sans en prononcer le mot au boycott de la manifestation. Rappelons que le problème porte sur la manipulation par l'AFM d'embryons humains à des fins de recherche. Une pratique qui s'apparente à de l'eugénisme, selon le diocèse. Dans un éditorial du Figaro, Yves Threard pèse le pour et le contre. "Pourtant, grâce à l'argent récolté en quelques heures de télévision chaque année depuis 1986, l'AFM est parvenue à prolonger de quinze ans l'espérance de vie des malades et à financer des recherches qui n'auraient pas pu l'être autrement. On comprend alors l'indignation naissante d'une partie de la population. Notamment celle de ces parents et enfants auxquels le Téléthon a redonné un peu d'espoir. Mais la question soulevée existe. Et des responsables religieux sont dans leur rôle lorsqu'ils la posent. (...) Leur message est clair : on ne joue pas avec l'humain. Pour eux, comme pour toutes les religions révélées, la vie est antérieure à la naissance physique. Les travaux de l'AFM contreviennent-ils à ce message d'éternité ? Le plus important n'est-il pas qu'ils soient effectués dans le cadre de la loi, laïque et républicaine ? (...) Au-delà du show médiatique, le Téléthon est un combat pour la vie, dont le succès ne repose que sur le partage et la solidarité. Deux valeurs qu'il a en commun avec l'Église, et qui méritent d'être défendues, au nom de tous les enfants qui souffrent. N'en déplaise au diocèse de Toulon, c'est à eux qu'il faut d'abord penser."


    Le tour du PAF en audiences

    (sources : Satellifax, I mediasbiz, MSN, Le zapping du PAF)

    * Dimanche 26 novembre,

     

    En prime time,

     FBI Portés Disparus-> 7 680 220 (27,2%)

     Le vieux fusil->  6 783 260 (24,8%)

     Volte/face-> 5 774 180 (23,1%)

     Capital->  4 316 620 (16,6%)

     

    En seconde partie de soirée,

     Secrets d'atualité-> 2 634 820 (23,9%)

     Les Ripoux-> à venir...


    * Lundi 27,

    En prime time,

     M. Léon> 10 987 760 (41,7%)

     La meilleure façon de marcher-> 4 092 380 (15,1%)

     La bûche-> 3 699 960 (14%)

     Le coût de la vie-> 2 522 700 (9,8%)

     

     

    En seconde partie de soirée,

     Y'a que la verité qui compte-> 3 307 540 (34,7%)

     Complément d'enquête-> 1 906 040 (19,8%)


    * Mardi 28,

     

    En prime time,

     Wasabi-> 8 072 640 (29,6%)

     Petits meurtres en famille-> 7 119 620 (25,9%)

      DetCo->  4 877 220 (17,4%)

     The Closer-> 3 251 480 (11,5%)

     

    En seconde partie de soirée,

     Le Droit de Savoir-> 4 228 740 (40,3%)

     Coup de torchon-> 1 625 740 (19,3%)

     T'empêches tout le monde de dormir-> 1 100 000 (17,5%)


    * Mercredi 29,

     

    En prime time,

     Ushuaia Nature-> 6 951 440 (28,2%)

     Equipe médicale d'urgence-> 4 765 100 (18,6%)

     Des Racines et des Ailes-> 4 428 740 (18,8%)

     Au secours, les enfants reviennent !-> 4 596 920 (18,9%)

     

    En seconde partie de soirée,

     Preuve à l'appui-> 3,3 millions (25,9%)

     L'arêne de France->   2,2 millions (28,3%) 


    * Jeudi 30,

    En prime time,

     Une femme d'honneur-> 7 736 280 (29,6%)

     Malabar Princess-> 5 718 120 (21,8%)

     A vous de juger-> 5 101 460 (24,2%)

     Incroyable Talent-> 3 868 140 (16,2%)

     

     

    En seconde partie de soirée,

     La méthode Cauet-> 2 803 000 (27,9%)


    * Vendredi 1er decembre,

    En prime time,

     Star Academy -> 7,3 millions (35,3%)

     NCIS -> 6,7 millions (36,7%)

     Thalassa-> /

     Le grand moment-> 2,5 millions (11,2%)


    * Samedi 2,

    En prime time,

     Les enfants de la télé -> 5 493 880 (26,5%)

     Le plus grand cabaret du monde -> 5 493 880 (26,1%)

     SOS 18 ->3 699 960 (16,5%)

     Commander in chief -> 2 859 060 (12,5%)

     

    En seconde partie de soirée,

     On n'est pas couché-> 1 730 000 (27,7%)


       La série

    Nouvelle série dans le Billet de la Semaine : Les dessous de la presse people. Un livre jouissif, qui lève le voile sur les pratiques des magazines people, des paparazzis, et des stars elles-mêmes.

                                                        (n°2)

    Les Dessous de la presse people

    Le business des photos de la télé-réalité

    La mécanique est bien huilée. A chaque nouvelle émission, un appel d'offre est lancé par les chaînes. "Pour les agences photos, l'enjeu est de détecter l'émission qui sera très regardée et donc qui poussera les journaux à acheter les reportages", explique Jean-Michel Psaïla, le président d'Abacca, qui a travaillé sur le Bachelor 4 de M6. Mais attention à l'erreur : les agences versent généralement aux chaînes un montant minimum garanti de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Une somme qu'il faudra amortir en vendant les photos. Sipa a ainsi eu pendant quatre ans l'exclusivité des émissions de TF1-Endemol comme la "Star Ac'".

    [...] Pourtant, en ce printemps 2006, tous les éditeurs le reconnaissent, la télé-réalité ne fait plus recette. Les prix auraient étés divisés par quatre en un an. Mais quand une émission cartonne comme "A la recherche de la nouvelle star", qui attire des millions de télespectateurs chaque mercredi soir sur M6, c'est le jackpot car les journaux veulent tous parler des vedettes de l'émission. Le 5 avril 2006, Gala a ainsi concacré une pleine page au jeune chanteur Christophe, qu'on surnomme la "tortue" de "La Nouvelle Star". Il suffisait de regarder en bas à droite des phtotos pour connaître l'heureuse agence gagnante au deal de l'année 2006 : Visual.


    Lu dans la presse

                                

    Une poignée de téléfilms et documentaires produits pour les chaînes hertziennes sont écartés ou diffusés très tard. Petite "censure" ordinaire ou frilosité des diffuseurs ?

    (...) " Y a-t-il encore une censure à la télévision ? " Le Grand Jeu proposait une immersion au cœur de la dernière campagne présidentielle algérienne, en collant aux basques d’Ali Benflis, rival de Bouteflika. (...) Préacheté par LCP-AN et TV5Monde, le film n’est passé sur aucune chaîne. (...) Chez TV5, on s’est contenté d’annuler la diffusion deux fois de suite : à cause du festival de Cannes puis au moment des changements d’équipe au sein de la chaîne. " Le problème, c’est que mon film a été le seul à être déprogrammé, s’insurge le réalisateur. Les choses ne sont pas dites clairement, mais dès qu’il s’agit de choses sensibles ça coince. Les enjeux sont tels entre la France et l’Algérie que montrer un opposant à Bouteflika peut poser des problèmes diplomatiques ! "

    (...) Autre cas sur France 2, le documentaire Sarkozy mot à mot, de Gérard Leclerc et Florence Muracciole, décryptant le discours de Sarkozy au moment de son accession à la tête de l’UMP, est passé à la trappe avant diffusion. Motif : la présence répétée de Sarkozy dans l’émission 100 minutes pour convaincre, puis la proximité du référendum sur l’Europe. Abandonné, le film a servi de point de départ à une nouvelle collection de dix films, destinés cette fois à France 5. (...) " Il n’y a pas eu de censure, plaide Philippe Vilamitjana, directeur des programmes de France 5. Comme la 2 n’avait pas de case pour le programmer, nous l’avons récupéré. Mais lorsqu’il est arrivé chez nous, le film était daté et nous avons été obligés de le retourner. " Au sein de France 2, on estime quand même que " la direction a été peut-être un peu frileuse ".

    (...) Au sein du service public, on considère que ce phénomène d’exclusion est marginal. (...) Même son de cloche du côté des fictions. " Les rares œuvres qui restent dans les placards sont des films dont la valeur artistique est insuffisante, confie Perrine Fontaine, responsable du département fiction de France 2. (...) Sur le service public, comme l’explique un salarié de France 2, " la question n’est pas : va-t-on diffuser le film ou pas, mais va-t-on l’exposer ou non ? Certains films de qualité passent à 1 heure du mat, car ils ne sont pas considérés comme assez grand public ! ". Moyen plus subtil de les " trapper "…

    (...) TF1 fonctionne différemment. C’est une chaîne très riche. Pour elle, le plus important est de conserver le leadership. " Analyse confirmée par Claude de Givray, directeur de la fiction de TF1 jusqu’en 1999. " Ça coûte moins cher de ne pas diffuser une fiction plutôt que de risquer qu’elle ne fasse pas d’audience ! " Et de perdre, du coup, la confiance des annonceurs. Logique dès lors qu’un certain nombre de fictions déjà tournées se retrouvent au rancard. Des épisodes de séries dont le démarrage n’a pas été " concluant " et des téléfilms jugés ratés ou casse-gueule. Comme Electrochoc, de Gérard Marx, racontant le combat d’un père pour sortir son fils des griffes d’un groupuscule néonazi, finalement passé sur la chaîne Festival en 2004 : " Tourner un film politique sur l’extrême droite, ce n’était pas évident, dit Claude de Givray. Si l’on veut faire 42 % de parts de marché, il faut ratisser large. " Et éviter de se couper d’une partie de l’électorat.

    (...) Actuellement, à TF1, on estime que seules 5 % des fictions, soit quatre ou cinq films par an, sont diffusées en dehors de la case prévue. " A mon époque, il y avait toujours une dizaine ou une quinzaine de films dans les placards, se souvient Claude de Givray. Les films à la télé, c’est comme les soldes. Au bout de trois ans, certains sont dégriffés. On les passe à minuit, ou directement sur TV Breizh ! " Ce qui a des conséquences non négligeables pour les auteurs, qui se voient amputés d’une partie de leurs droits d’auteur. Faut-il voir dans ce gaspillage un cynisme systématique des diffuseurs ? Plutôt une gestion aléatoire : il y a quelques années, une série est restée bloquée pendant six mois dans les cartons de TF1 : une histoire de femme flic à laquelle personne ne croyait. Son nom ? Julie Lescaut

     

    (" Refus de chaînes ", Telerama, 2 decembre 2006)

     

     

     

    De nombreuses grèves perturbent l'antenne de France 3 depuis quelques semaines. Comment expliquez-vous cette tension sociale ?

    (...) La demande des organisations syndicales d'augmenter chaque salarié de 150 euros par mois représenterait un coût salarial annuel supplémentaire de presque 13 millions d'euros, ce qui est impossible à mettre en oeuvre pour notre entreprise. Nous avons sensibilisé nos interlocuteurs sur le fait que la rémunération moyenne au sein de notre chaîne a, depuis 1997, progressé nettement plus vite que le coût de la vie. C'est un fait. (...) Par ailleurs, la chaîne ayant été déficitaire en 2005, nous n'avons pas pu verser un intéressement aux salariés ; grâce au redressement de l'audience et donc des comptes, nous pouvons l'envisager en 2006.

     

    Justement, quel premier bilan tirez-vous de la nouvelle grille de France 3 et de son pari culturel ?

    Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, France 3 est la seule chaîne généraliste à progresser en audience en 2006 (14,7 % de part de marché, contre 14,6 % en 2005). (...) C'est le résultat de la stratégie que nous avons choisi de mettre en place pour pouvoir prendre des risques en soirée et laisser le temps à "Ce soir ou jamais", présenté par Frédéric Taddeï, de s'installer. Même si nous n'avons pas encore atteint nos objectifs, notre magazine culturel quotidien a d'ores et déjà permis de rajeunir notre public en deuxième partie de soirée.

     

    (" France 3 doit réaliser sept millions d'euros d'économie sur sa filiale production ", Le Monde, 28 novembre 2006)

     

     

    " Attention ! Rumsfeld (l'ex-secrétaire à la défense de l'administration Bush) vient d'annoncer le départ des troupes américaines d'Irak, à partir du 1-1..." Le visage se tord, le comédien reprend. "Euh, pardon... Les Américains partent bien, mais 1 par 1. On a fait le calcul, ils seront tous chez eux d'ici... un peu moins de six cents ans..."

    Peut-on encore faire de l'humour en Irak ? Al-Sharqiya (L'Orient), l'une des multiples chaînes de télévision par satellite créées depuis l'invasion anglo-américaine d'avril 2003, s'y emploie chaque soir avec un certain succès. "Caricatures", son show de quarante-cinq minutes de "vraies-fausses informations" quotidiennes, s'efforce de tourner en dérision les nouvelles du jour. En trois ans d'existence, l'émission est devenue l'une des plus populaires du paysage audiovisuel irakien.

    (...) "On ne touche pas à la religion, on ne nomme jamais les politiciens sur lesquels on tire et l'on n'identifie pas les milices ou les groupes de guérilla auxquels on s'en prend", confiait récemment à un confrère irakien Walid Hassan Djahaz, la vedette du show. Cette prudence de loup ne l'aura pas sauvé. Lundi 20 novembre, ce comédien chiite de 47 ans, père de cinq enfants, a été assassiné par une bande de miliciens armés qui l'attendaient près de chez lui à Bagdad. Quatre balles dans la poitrine. Les trois compères qui jouaient avec lui sont partis le lendemain vers la Syrie. "Pour se reposer", explique un journaliste de la chaîne. Il n'est pas certain que "Caricatures" puisse reprendre.

    (...) Le plus souvent terrés chez eux à cause de l'insécurité croissante, du couvre-feu quotidien à 20 heures et du chômage endémique, les Irakiens se sont mués en véritables téléphages. Théoriquement, sous la dictature, ils n'avaient accès qu'à quatre chaînes publiques, mais les plus prospères prenaient le risque de dissimuler des paraboles pour regarder illégalement les chaînes satellitaires, et payaient la police quand elle s'en rendait compte.

    (...) "Sous Saddam, dit Jassem Charaf, comédien réputé, on ne pouvait pas mentionner le nom de Dieu, du raïs, de ses proches ou de ses ministres. Mais on était à peu près tolérés." Aujourd'hui, un écart de langage vous envoie plus sûrement à la morgue que sur la paille d'un cachot.

    (...) Dans un numéro de "Dépêche-toi il est mort !"(autre émission populaire, NDLR), Khalifa, vêtu comme un prince, annonce : "Nous sommes en 2017, je suis le dernier Irakien vivant. A moi, toutes les femmes, les belles voitures et la richesse. A moi les manettes de l'électricité nationale : désormais, je décide seul de l'heure à laquelle on coupe !" Les Bagdadis, qui ne reçoivent en moyenne que trois à cinq heures d'électricité par jour selon les quartiers - et surtout selon l'appartenance sociale ou confessionnelle majoritaire de leurs habitants -, apprécient cet humour noir

    L'auteur, qui a inventé le concept de l'émission et a vendu tous ses droits à la chaîne pour 2500 euros, affirme n'avoir "plus d'espoir pour l'Irak". Il pense que les ministres qui se suivent sont incompétents et occupés à se remplir les poches. Il pense aussi que l'expérience démocratique promise par les Américains est mort-née. Comme tous les humoristes, Taleb Al-Soudani est un vrai désespéré.

    (" Rire et mourir à Bagdad ", Le Monde, 30 novembre 2006)

     

     

    J'ai assisté ce soir à une avant-première de la série à Paris en présence de Frédéric Diefenthal. Je vais tout vous dire sur cette série qui s'annonce explosive. (...) Innovation de taille pour cette série: elle va bénéficier d'un teaser au cinéma fin de rassembler un public plus grand encore. Le teaser sera visible normalement dès le 22 novembre avant CASINO ROYAL et LE CONCILE DE PIERRE (et c'est diablement efficace).

    (...) Chose assez rare: je rentre dans l'histoire dès le début. Je n'ai d'ailleurs pas l'impression de voir une série française. Car la force de cette série c'est d'être digne des productions américaines. Oui c'est une très bonne série, efficace et surtout qui ne ressemble pas à une autre. (...) La réalisation est soignée (Nicolas Cuche me confiait combien le travail sur une série lui avait plut, lui qui le découvrait en tant que réalisateur), la musique manifique et envoutante et le casting impeccable dans lequel on note pour la première fois dans une série régulière la présence de vraies "gueules" comme si tout avait été pensé (Alexian est terrifiant et Foulquier digne des privés américains). La série n'est pas parfaite, ce serait mentir que de le dire. Il y a par moment un côté gentillet et un peu simpliste dans la façon dont David sauve les gens.

    (...) On peut aussi reprocher à l'équipe de ne pas tellement savoir où ils vont avec la mythologie. Aussi bien Férédéric Diefenthal que le réalisateur me confiait avoir les grands axes mais qu'il était bien de se dire que la série pouvait repartir dans la saison 2 dans une tout autre direction. Ce manque de projection dans l'avenir pour la série pourrait nuire à terme à l'histoire. Souvenez-vous de MILLENIUM qui démarre autour des serials killers et qui se termine autour de l'apocalypse. Une histoire pour être fiable doit être maitrisé sinon...

     

    (" David Nolande ", Serialement vôtre (blog), 20 novembre 2006)

     

     

    Vous faites partie de l'équipe de campagne de François Bayrou. En tant qu'ex-responsable audiovisuel, que pensez-vous de ses récentes déclarations sur les médias ?

    -> Tout ce qui touche à la télévision représente un enjeu democratique. Les politques sont, en general, étrangement aphasiques à ce sujet. Ils n'envisagent le petit écran que comme un moyen de faire passer leurs messages, et pas du tout comme un instrument dont il faut contrôler le devenir.

    La télévision traite assez peu de l'Europe.

    -> Dans les chaînes publiques allemandes ARD et ZDF, une vingtaine de journalistes s'occupent de l'Europe, chez les Britanniques, une dizaine. (...) Et TF1 n'a même pas de correspondant à Bruxelles, c'est stupéfiant !

    Y'a-t-il encore une place pour des émissions comme La marche du siècle que vous avez animée pendant cinq ans ?

    -> (...) On relègue ces programmes à des heures tardives. Je ne comprends pas cet entêtement. Il faut savoir que la France se couche à 22H40 ! Après ce délai, on ne touche plus que trois téléspectateurs sur dix.

    ( Interview de Jean-Marie Cavada, 20 minutes, 27 novembre 2006)

     

     


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