Vu, Lu, Entendu
En juin dernier, Marc-Olivier Fogiel se confiait au Blogmedias. De Carlier à Sarkozy en passant par Ardisson, l'animateur-producteur balance et se dévoile. Morceaux choisis.

- au sujet de Guy Carlier --> "Jinsiste aussi auprès de lui pour que ses attaques soient portées face aux personnes concernées. Ayant lesprit de lescalier, il avait tendance à « balancer » une fois les gens partis. Cela, je ne laccepte plus. Nous avons eu loccasion de mettre les choses au point. Je nai aucun problème pour quil taille un costume à un invité, il est même là pour ça. En revanche, je voudrais quil soit moins prévisible, que ses détestations soient moins évidentes : une multinationale nest pas forcément de la merde, et un type de droite pas forcément antipathique."[...]
" Il est vrai que lorsque nous nous sommes rencontrés lors dune émission dété sur France Inter, il mavait fait raconter mon « mal-être » par rapport à mon corps. Je lui avais dit : « Je suis toujours gros dans ma tête. » Il mavait répondu, alors quil pesait déjà 240 kg : « Je suis toujours mince dans ma tête. » Cela nous a rapprochés."
- Nicolas Sarkozy : "Je lai interrogé pendant une heure et demie. Il transpirait... même sil sen est bien sorti. Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy soit une ambulance ou alors il la conduit ! Je le connais depuis très longtemps. Nous avons une relation professionnelle. [...] Il marrive daller dîner place Beauvau comme dautres journalistes, Michel Field par exemple, mais je ne suis pas dans la connivence. Quitte à décrire un système, autant le connaître de lintérieur. Je ne trouve pas que des défauts à Sarkozy. Il nest pas un ami mais discuter avec lui mintéresse. Lors de mon dernier dîner place Beauvau cétait il y a plus dun an jy ai rencontré Patrice Chéreau. Je ne suis pas sûr quil soit considéré comme un proche de Sarkozy On débattait. Jétais content de pouvoir le faire dans un cadre qui nétait pas la télévision : personne nétait dans un rôle établi à lavance. Javais la chance davoir devant moi quelquun de plutôt sympathique et qui répondait à mes questions sans les faux-fuyants et les artifices de lantenne. Pourquoi men passerais-je ?"

- Arnaud Montebourg : " Quand Montebourg parle de « ces émissions qui nivellent par le bas », alors quil est le premier à vouloir les faire, il se fait mousser avec un discours médiatiquement efficace. [...] Raconter que mon micro serait réglé avec un volume plus fort que celui de mes invités pour mieux couvrir leur voix est un délire incroyable et même pathétique. Pourtant, jaime son côté « empêcheur de tourner en rond » ou « poil à gratter » dans le paysage politique. Mais si cest gratter en disant autant de conneries, cela na plus de sens."

- Thierry Ardisson : "Jai été blessé par ce quil a pu dire sur moi. Nous étions très amis. Nous avons même passé un week-end ensemble, chez lui en Normandie. [...] Quand je suis arrivé sur France 3, il a considéré que je lui faisais de la concurrence et il est entré dans une sorte de parano. Cest devenu très pénible à la longue. Un côté positif : il ma donné un statut de challenger alors que mon émission passait à 23h45 le vendredi soir sur France 3. En faisant tout ce « buzz », il ma conféré une légitimité que, normalement, jaurais mis bien plus de temps à acquérir. Ardisson est monomaniaque shabiller en noir, manger tous les jours la même chose et je suis, à mon tour, devenu son obsession. Au début, jai eu le tort de répondre. Puis, il a franchi une ligne jaune et jai décidé de le poursuivre en diffamation. [...] Ses coups bas, sa façon dessayer de faire décommander des invités avant mon émission, cela ma insupporté. On ma proposé mille fois de faire la une de Paris Match avec lui pour la réconciliation. Il était prêt à le faire. Pour le lancement de son livre, il voulait venir dans mon émission sur RTL. Il était candidat à cela. Pas moi."

- Brigitte Bardot : "Quand nous avons fixé une date (pour l'emission, NDLR), il nétait pas question de son livre. Jen ignorais jusquà lexistence. [...] Quelques jours plus tard, je reçois son manuscrit et un petit mot : « Vous allez me détester ! » A la lecture de son ouvrage, jétais abasourdi. Je lai alors informée que la deuxième partie de lémission serait consacrée à son livre en prenant le temps nécessaire pour quelle puisse sexpliquer. Je ne lai pas prise au piège.

- la religion : " Je suis le seul de ma famille à être athée. Je crois en quelque chose, mais je ne sais pas très bien en quoi. Alors que nous avons reçu la même éducation, je nai pas le même sentiment dappartenance à une communauté. Je ne me définis jamais en tant que juif, mais ce faisant, jai limpression de renier une filiation et je « deviens en souffrance de mes parents ». En analyse, je travaille beaucoup sur cette question."
(Interview à retrouver en intégralité sur http://www.leblogmedias.com/le_blog_mdias/)